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Appel à contribution #7

Depuis un certain temps le monde est entré en crise. L’économie, les institutions, les nations et les traditions sont entrées en crise. Le mythe d’Europe et du Nord, comme coupés de la civilisation est entré en crise aussi. Le Nord s’est épuisé, renfermé dans la conservation de soi-même, de ses traditions, comme la promesse d’une croissance économique sans fin. Les théories et les épistémologies se sont épuisées aussi ; ainsi que les paradigmes esthétiques connus, la production d’images et le marché de l’art. Depuis la chute des tours jumelles, le monde a commencé à demander un changement de paradigme et de regard : un secouement, d’autres focus, d’autres formes qui transcendent les contradictions économiques et culturelles de l’eurocentrisme créés à partir de l’expérience coloniale.

C’est de cet embarras, de cette crise que surgissent d’autres mondes, d’autres regards, d’autres perspectives, d’autres esthétiques contenues dans la blessure coloniale et de ce qui était « plat-lande » : le monde vu d’un seul point de vue. Avec la technique de la perspective de la Renaissance, la vision binoculaire est passée à un seul œil, en privilégiant un seul point de vue sur tout le champ visuel. Un œil solitaire observe la scène représentée face à lui à travers un judas, un œil statique, sans cligner.

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Cette manière de voir réussit à devenir le modèle prédominant de la civilisation occidentale, car elle exprime de la meilleure façon l’expérience naturelle de la vue valorisée par l’idée du monde scientifique. La technique de la perspective et la philosophie cartésienne ont consolidé les bases de la connaissance objective et réaliste de la modernité. La critique des études visuelles de l’eurocentrisme ne repose pas sur les classiques européens, ni contre la civilisation européenne comme champ d’études, comme l’explique Ella Shohat et Robert Stam dans Multiculturalisme, cinéma et moyens de communication. Mais elle vient de l’hégémonie du regard où l’Europe devient le centre.

D’autre part, les esthétiques décoloniales auxquelles fait référence Walter Mignolo, cherchent à décoloniser l’universalité du concept d’esthétique, dont son sens s’est restreint à « la sensation de beau » -et retourné à l’aesthesis. Le sens original de l’aesthesis tourne autour de l’idée de « sensation », « processus de perception », « sensation visuelle », « sensation gustative » ou « sensation auditive ». L’aesthesis est un phénomène commun à tous les organismes vivants ayant un système nerveux.
Imprégnée par les cosmogonies de chaque culture, comme par les luttes qui vont du territoire jusqu’au corps, chaque esthétique produit un ensemble d’histoires locales, des croyances et des paradigmes culturelles spécifiques. C’est de cette diversité que naissent les esthétiques décoloniales.

Pour ce numéro nous nous adressons aux chercheurs, aux journalistes, aux réalisateurs audiovisuels, aux cinéastes, aux artistes et aux curateurs, intéressés par l’écriture sur l’audiovisuel, pour qu’ils proposent des résumés de films, des chroniques sur des festivals, sur des rencontres, des évènements, des interviews, des réflexions, des systématisations d’expériences, des recherches, des commentaires où l’on analyse, l’on discute et l’on pose en évidence les esthétiques décoloniales, les cultures visuelles, et la pensée décoloniale. Nous sommes intéressés par les analyses qui vont au-delà du champ cinématographique, en intégrant d’autres champs comme l’art, la communication et les nouvelles technologies, pour connaître d’autres pratiques qui transforment les manières de voir et de penser l’audiovisuel. De même, nous invitons à proposer des passages de vidéos et de sons, s’inscrivant dans la thématique proposée pour ce dossier, pour les inclurent dans notre onglet Visuel.

Les bases générales suivantes pour notre convocation sont valables pour ce dossier et pour des textes qui seraient envoyés hors de la thématique proposée.

Bases générales:

Ils pourront participer des personnes de tous les âges et de tout part du monde. Les traductions des textes peuvent être considérées dans la sélection de cette nouvelle convocation.
Les sections pour participer sont :
Résumé.
Essai.
Correspondance.
Recherche.
Visuel.

*Nous vous rappelons que les catégories de la revue sont : agitations, cinéma étendu, regard détourné, perte de la mémoire, qui et subjectif.

  • Les textes doivent être accompagnés des images et/ou des vidéos. (maximum 10 images et 5 vidéos).
  • Les sujets sont de libre choix pour l’auteur.
  • Les textes doivent être écrits en lettre Arial, taille 11, avec un espace de 10 points entre chaque paragraphe, un interligne de 1.5 (entre chaque phrase). La limite des textes avec ces indications est de 20 pages.
  • L’auteur doit envoyer une photo ou une image avec laquelle il veut être representé, et un texte de trois lignes (lettre Arial, taille 11, interligne de 1.5) de sa biographie, ou bien, un texte où il explique depuis où et pourquoi il écrit son texte.
  • Les textes, avec la photo et le résumé de l’auteur, doivent être envoyés au courrier : revistavisaje@gmail.com, et écrire dans le sujet: convocation + nom et prénom de l’auteur + titre du texte.

Bases pour Visual:

Nous souhaitons que notre revue virtuelle soit un espace de difusion de l’audiovisuel. Ce onglet lequel nous avons nommé Visual, prétend être un espace de présentation de vidéos, soit d’artistes, réalisateurs audiovisuels et des passionnés qui veulent présenter son œuvre dans la Revue Visaje; ainsi que des programmateurs de contenus audiovisuel, curateurs et ceux avec une sélection de vidéos dans la web qu’ils veulent recommander. Nous posons ainsi Visual comme un espace de rencontre, compilation et construction de textes interactifs avec la vidéo.